Traversée facilement réussie
30 novembre 2025
Comme promis, après de multiples reports et délais, je termine aujourd’hui la série de mes articles sur les nouvelles normes alourdissant le processus de la traversée de la frontière étasunienne. Cette affirmation se veut presque un vœu pieux, puisque de nouveaux caprices — de, vous savez qui, peuvent émerger de son humeur, à chaque lever du soleil. Mais bon, on peut toujours espérer, même sans trop y croire, que de nouveaux faits de l’actualité capteront suffisamment son attention pour que les caravaniers qui désirent voyager aux États-Unis puissent retrouver une certaine accalmie.
Après avoir reçu la bénédiction de mon chirurgien, vers 10 h dimanche dernier, Michelle et moi nous arrivions à la frontière de Saint-Bernard-de-Lacolle pour accéder aux États-Unis. Avant de continuer sur cet élan, je me permets ici une petite mise à jour concernant le processus d’inscription au i-94 qui vous éclairera pour la suite.
Alors que, j’avais écrit sur ce blogue et dans le magazine, mon intention de me conformer aux recommandations de plusieurs experts en immigration de ne pas remplir ni de payer pour une demande d’inscription provisionnelle à la norme i-94, j’ai changé d’opinion et réalisé cette transaction en ligne. Un comportement contradictoire, beaucoup moins qu’il n’y paraît à première vue. Voici pourquoi…
L’inscription en ligne s’accompagne d’une obligation de se présenter à un poste frontière dans les sept jours qui suivent. À défaut, celle-ci devient caduque et les frais de 30 USD par personne deviennent alors une perte nette. Si, pour une raison quelconque, on outrepasse ce délai, il faut se réinscrire et… débourser à nouveau.
Trois jours avant notre départ, je nous ai donc inscrits par internet au i-94, sachant que la météo ne nous préparait pas un de ces mauvais tours et que, de toute façon, je disposerais d’un coussin de quatre jours pour régler un imprévu de dernière minute.
Pourquoi ce revirement alors que les experts prônaient le contraire ? Simplement parce que leur position prenait en considération qu’il était possible que certains postes frontaliers peu achalandés, disposant d’effectifs limités ou n’ayant pas accès à un matériel informatique adéquat, ne puissent finaliser le processus d’inscription.
En optant pour le poste de Lacolle, dont les ressources en personnel sont abondantes, je jouais sûr. Dans mes bagages, rangé avec les passeports et les cartes Nexus — sans aucune utilité réelle dans le cas qui nous importe, je le précise, si ce n’est de nous autoriser à utiliser une guérite beaucoup plus disponible — un reçu de nos inscriptions et du paiement encaissé devrait suffire à nous ouvrir la barrière.
Arrivés à la guérite, nous sortons les documents que je tends à l’officier. Après les traditionnelles questions : Rien à déclarer, alcool, nourriture ; quelle est votre destination ; durée du voyage, il m’invite à me stationner un peu plus loin et à nous rendre à l’intérieur du bâtiment où nous seront remis les documents que je lui ai présentés.
Moins de 20 mètres plus loin, un officier me fait déjà signe en indiquant l’endroit où me stationner. Ceci fait, il indique la porte où nous diriger, précisant qu’à l’intérieur un officier nous convoquera. Le temps de pénétrer dans l’édifice et sans avoir même le temps de nous asseoir dans la salle d’attente, mon nom sort déjà des haut-parleurs alors qu’un homme vient dans ma direction en me pointant le guichet de service où il travaille.
Jetant un coup d’œil à son ordinateur, où sont sans doute affichées toutes nos données requises, il pointe sur moi une petite caméra reliée à son ordinateur, insère mon passeport dans un lecteur optique et invite Michelle à prendre ma place. En nous rendant nos cartes Nexus et passeports, il ajoute « Have a safe trip and enjoy your winter ». Au total, cette traversée n’aura requis qu’une dizaine de minutes. Tant de complications et d’ambiguïtés pour si peu. La visite à Guantanamo devra attendre !
À Port Orange, où nous sommes depuis jeudi midi, la gérante du camping Sun Retreats avait organisé un souper à l’intention de ses clients pour souligner la Thanksgiving. Évidemment, toutes les occasions de se rassembler sont particulièrement courues par les caravaniers Québécois qui composaient plus des 3/4 des personnes présentes. L’occasion était donc propice pour en apprendre plus sur l’expérience vécue par nos compatriotes.
Pour tous, l’épreuve s’était bien passée, la majorité ayant procédé comme je l’avais fait. Cependant, tout près de moi, à table, un couple me raconta que l’officier à Lacolle, n’avait fait aucune quelconque allusion au i-94, pas plus qu’à la durée de leur séjour, se limitant à s’informer de leur destination. Ils ne s’étaient donc pas inscrits au i-94 et ne ressentaient pas vraiment le besoin de le faire, libre à eux.
Je termine ce billet qui se veut réjouissant, mais aussi rassurant, en vous recommandant d’écouter l’émission La Facture, ce mardi 2 décembre, à 19 h 30. Un sujet portant sur la qualité des VR devrait fortement vous intéresser. Normalement, seulement une partie de la longue entrevue que j’ai accordée pourrait y être rapportée.
Après à un premier reportage du genre paru il y a quelques années, où la nature même de mes propos avait suscité pas mal de controverse, j’espère que cette récente intervention, à cause de l’excessive polarisation nourrie par les réseaux sociaux, ne me vaudra pas un contrat sur ma tête.
Je souhaite, comme ce fut le cas pour mon billet précédent, vous retrouver nombreux à formuler des commentaires sur le sujet d’aujourd’hui, mais aussi, dans quelques jours, de revenir pour livrer vos impressions sur le contenu du reportage de La Facture.
J’attends donc de vos nouvelles avec grande impatience.
Commentaires
JC
Bien d'accord avec m. Dumoulin car nous aussi nous avons décidé de ne plus aller aux USA tant que ce dangereux président sera au pouvoir. Aller encourager un pays qui vit des moments troubles pour son avenir démocratique avec l'armée dans des villes d'états démocrates, un président qui fait des menaces de morts et d'emprisonnements envers les démocrates qui osent dire tout haut ce que la majorité pensent n'est vraiment plus un pays sécure avec ses chemises brunes ICE. Ce pays dont les citoyens sont armés comme jamais veut continuer d'appauvrir les Canadiens avec des incitatifs aux fermetures d'usines et des tarifs immoraux qui ne font qu'augmenter le coût de la vie même des Américains. Il ne s'agit pas de boycotter coûte que coûte tout ce qui est Américain, nous allons en profiter pour visiter d'autres pays moins dangereux, il s'agit aussi d'avoir un respect de soi-même vis à vis l'hégémonie américaine de ce président aux comportements douteux. Pour les autres soyez prudent.
Paul
Je tiens a féliciter et remercier les deux lecteurs qui ont fait part de leur divergences dans la section commentaire. Il s'agit là d'une parfaite démonstration qu'il est possible de faire part de de points de vue opposés, avec clarté assurance, mais surtout avec respect.. L'attitude de ces lecteurs et de plusieurs autres avant eux confirme le niveau de qualité des personnes qui suivent ce blogue de façon régulière, ce qui me comble de fierté. Merci à tous et continuez à éviter les pièges de l'insulte et de la vulgarité qui polluent trop souvent les réseaux sociaux.
Dumoulin
Par principe je ne peu être en accord avec vous, c’est peut-être mon passé syndical qui veut ça. Tout comme vous depuis ma retraite il y a plus de 14 ans, je vais dans le Sud et aimons beaucoup les parcs américains où nous avons campé plusieurs fois. Nous sommes des nomades, on bouge beaucoup, jamais plus d’une semaine à la même place. Je peu également comprendre les américains qui de bonne guerre s’excusent du comportement de leurs dirigeants, ils veulent vraiment nous revoir, c’est compréhensible. Oui, on continu d’acheter des véhicules, des caravanes, des aliments venant des États-Unis, etc… C’est le commerce en libre échange qui veut ça et le fait que nous ne produisons pas ces produits, faut bien s’approvisionner quelque part, et cela fonctionne normalement dans les deux sens en bonne collaboration, ce qui n’est pas le cas actuellement, ce qui cause des pertes de revenus chez nous comme chez eux. Là où le bât blesse, c’est d’aller directement dépenser nos économies afin de faire rouler leurs économies, c’est comme disait un syndicaliste bien connu, Michel Chartrand pour ne pas le nommer, on est en train de leurs payer des belles bottines neuves avec lesquelles ils nous bottent le cul allègrement. C’est là que je comprends ce que le président a déclaré par sa citation que j’ai mentionné dans le message précédent. Désolé si cela en a offusqué quelques-uns.
Yannick
Mon message s’adresse à M. Dumoulin qui exprime sa frustration, envers l’administration Trump aux USA. Je vous sens insulté, je vous sens choqué, et vous vous sentez aussi probablement trahis. Je vous comprends. Mais c’est une réaction très émotive. Mon épouse et moi-même sommes nouvellement retraités. Nous nous sommes rencontrés alors que nous étions animateurs scouts. Nous avons continuer de camper ensemble, nous avons eu une magnifique fille il y a maintenant 30 ans. Nous l’avons ammené avec nous en camping dans notre première tente-roulotte. Nous l’avons ammené passer ses étés à Myrtle beach, elle appris l’anglais et a passer par dessus sa gêne pour rencontrer toutes sortes de gens. Il y a plusieurs années, bien avant la Trumpmania, nous avons décidé d’en faire un mode de vie et avons pris toutes nos décisions au fil des ans pour nous préparer autant du côté logistique que financier à devenir snowbirds, vivre à temps plein dans notre VR et pouvoir 180 jours psr année profiter de la chaleur hivernale de la Floride, du Texas, de la Californie et de l’Arizona, précisément d’où je vous écris. Ici je ne parlerai plus de l’administration Trump mais bien des américains. Je parle très bien l’anglais et je peux vous assurer que la très grande et vaste majorités des américains que je croise et avec qui je discute sont gentils et accueillants. Souvent ils s’excusent de leur président et nous reconfirmeent qu’ils aiment les canadiens et comment cette idée d’indexion de notre pays leur est farfelue. Si vous décidez de bouder les États-Unis, c’est votre choix. Mais je vous invite à réfléchir et à dépasser votre émotivité. Êtes vous certain que c’est votre propre idée? Êtes vous convaincu que votre réaction n’est pas celle des médias sociaux, des reportages télé? Des discussions et mémèrages de coin de table entretenues avec des gens qui souvent n’ont pas beaucoup voyagé? En ce qui nous concerne, il n’est absolument pas question que nous perdions les années si précieuses de cette retraite, mûrement réfléchie, durement gagnée, et totalement méritée à bouder dans le coin. À vous de voir si c’est ce que vous faites.
Dumoulin
Si ce n’était que de cela, ma position sur mes prochaines virées aux États-Unis ne changera pas pour si peu, le vrai problème est ailleurs. Quand je vois la façon que l’administration américaine traite le Canada et par la bande les travailleurs d’ici, la perte d’emplois occasionné par un protectionniste à outrance, ajouté à ça un taux de change élevé qui a une incidence sur les primes d’assurance santé, et j’apprends aujourd’hui qu’ils augmentent aussi les tarifs sur les passes d’accès aux parcs nationaux de 80$us à 250$us par année pour les non-résidents y compris les entrées individuels dans ces mêmes parcs à un supplément de 100$us pour les non-résidents, bienvenus les visiteurs. Vont-ils appliqué cela également aux tarifs des campings? C’est toujours NON, tant et aussi longtemps que cette administration arrogante sera au pouvoir, il y a des limites à faire rire de soi. L’argent que je dépensais là, je vais maintenant soutenir notre économie touristique à nous. En passant, quand Trump a traité le Canada de faible et d’idiot, je me demande s’il n’avait pas raison…
Paul
Marcel, Étant déjà enregistré au dossier i-94, vous disposez donc d’un numéro associé à votre nom. Il vous suffit de vous rendre sur le site web du i-94, d’y inscrire votre numéro et vous pourrez récupérer votre état actuel. Comme je l’indiquais à Estelle précédemment, vous n’aurez qu’à imprimer cette page et… Théoriquement, puisque déjà inscrit, vous n’avez pas à répéter ce processus ni a débourser quoi que ce soit. Quant à votre adresse fixe à Orlando, s’il s’agit d’un lieu qui vous appartient, cela pourrait, sous toute réserve, vous dispenser de changer vos coordonnées lorsqu’en déplacement.
Marcel
Je suis inscrit dû à un voyage en avion il y a 2 ans, donc le délai de six mois du I-94 est terminé, est-ce que je dois me réinscrire? Ensuite ayant une adresse fixe à Orlando, je veux me rendre en Arizona dois je inscrire mon adresse ou l'adresse de Orlando suffit? :-)
Paul
Estelle, Je ne m’étais jamais rendu aux États-Unis par avion, conséquemment, je n’avais pas de dossier électronique i-94. Voilà pourquoi j’ai du m’inscrire et débourser les couts afférents. Normalement, une personne comme vous, qui a pris l’avion, possède déjà un dossier i-94, ce qui vous dispense de vous inscrire. Étant déjà inscrite, il vous suffira de vous rendre sur le site web i-94 pour récupérer les données concernant votre plus récent ou actuel voyage. Si votre voyage actuel dure plus de 30 jours, vous devrez alors d’imprimer ce document et l’avoir en votre possession dans vos déplacements. De plus, si durant votre voyage vous multipliez les arrêts dans différents camping, vous devrez modifier vos coordonnées dans les dix jours qui votre arrivée sur un nouveau campement. Prenons par exemple que je quitte Port Orange, où je suis présentement, pour une escapade au Salon du VR de Tampa, en janvier. Comme je serai revenu à mon camp de base à l’intérieur du délai de 10 jours, je n’aurai pas à modifier mes renseignement de résidence en Floride. Par contre, si je me dirige vers le Panhandle, disons à Destin pour y passer deux semaines à un mois ou deux, il me faudra actualiser les renseignements inscrits dans mon dossier i-94 et y indiquer mon nouveau lieu de résidence.
Estelle
Comme vous l'expliquez, cela est assez simple. Ma seule question est : Êtes-vous allé dans le passé aux USA en avion? Nous oui, et on avait dû insérer notre passeport dans un lecteur numérique et prise de photo. Est-ce que chaque fois qu'on va entrer aux USA, il faudra le refaire ou si seulement le formulaire I-94 avec preuve de paiement (30$) sera suffisant?
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