Sur la route des détours

2 avril 2024

Comme vous tous, la nouvelle de l’effondrement du pont Francis Scott Key, le 26 mars, ma laissé bouche bée. Je crois que la dernière et seule fois que Michelle et moi avions emprunté ce pont était à la fin de décembre 1993, alors que nous en étions à notre troisième voyage annuel en Floride. Le réservoir de propane de notre Westfalia de l’époque, un 1993 sur châssis Eurovan de VW, affichait une capacité qui dépassait la limite autorisée dans le tunnel Fort McHenry.

 Les deux années précédentes, alors que nous roulions à bord dun Westfalia d’une plus ancienne génération (1987), nous avions traversé le tunnel Fort McHenry en suivant la I-95 sans souci puisque, à pleine capacité, le volume deau que pouvait contenir le réservoir de propane de ce VR atteignait 9 livres alors que la limite maximale autorisée dans le tunnel était de 10. À cette époque, même le volume dun liquide ou dun gaz se mesurait en livres.

Ayant, en 1997, opté pour une caravane à sellette Teton Homes remorquée par un tracteur Freightliner FL-50, javais commencé à investiguer pour d’autres itinéraires, permettant d’éviter la densité et la vitesse de la circulation aux environs de Washington, DC. Malheureusement, au printemps 2002, voulant sauver quelques kilomètres, mal men pris dopter pour le centre-ville de Baltimore et ses rues étroites et vieillottes pour éviter le tunnel Fort McHenry.

Même sil était tout récent, mon GPS Cobra NavOne 3000 dont le processeur était dune lenteur qui aurait fait paraître une tortue comme un sprinter olympique, perdait constamment le signal des satellites à cause de bâtiments trop hauts et trop rapprochés de la rue. Tourner à droite au coin d’une rue très achalandée, à voies simples et, où piétons, cyclistes et automobiliste n’affichaient aucune compassion pour un pauvre caravanier conduisant un équipage de plus de 15 mètres représentait une aventure risquée. Je peux vous assurer que même à fond, le climatiseur ne pouvait assécher mes sueurs froides. Jamais, au grand jamais m’étais-je alors juré, on me m’y reprendrait.

Pourtant, en 2012, à bord d’une autocaravane longue de plus de 13 mètres avec son support à moto installé à larrière pour loccasion, je me retrouvais à Times Square, à New York à faire le guignol empêtré dans la circulation, encerclé par un troupeau de voitures agressives, de piétons et de cyclistes suicidaires qui traversaient la rue à moins de 30 cm du pare-chocs avant de mon VR, tellement près que je ne voyais que le dessus de leur casquette. Mais cela est une autre histoire dont je reparlerai peut-être, si jamais la folie me prenait d’écrire mes mémoires.

Bon, fini les diversions, je reviens au pont disparu au fond de la rivière Patapsco. Jignore le nombre de caravaniers qui avaient l’habitude d’emprunter ce pont pour revenir au Québec après un hiver au soleil. Aujourd’hui, ils se voient contraints à trouver une nouvelle voie de contournement pour échapper au tunnel Fort Mchenry.

Heureusement pour eux, ils pourront s’en tirer à bon compte, grâce à une déviation qui n’ajoutera qu’une vingtaine de kilomètres à leur périple de retour. Alors que pour utiliser le pont Francis Scott Key, qui, en 1814, avait composé un poème intitulé The Defence of Fort M’Henry (attaqué par la flotte britannique). Son texte fut repris pour le Star-Spangled Banner, hymne national des États-Unis. Fini quoi ? disais-je au début de lalinéa précédent ? Paul, un peu de concentration, ma foi !

Plutôt que de quitter la I-95, à la hauteur de Airbutus, pour sengager sur la I-695, direction est, ce qui mènerait au pont détruit par un navire chinois (hey ! ça sent le complot mes amis… non, non, résiste un peu bonhomme), les caravaniers rentrant au Québec nauront qu’à prendre la même voie de contournement de Baltimore, mais en direction ouest, pour réintégrer la I-95, direction nord, à la sortie 33.

Soyez quand même prudents !

 

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