Retour au bercail

23 avril 2023

Comme prévu, ce mercredi 19 avril, nous retrouvions notre Québec après 169 jours passés aux États-Unis. Le compteur de notre Montecarlo LXT affichait 14 000 km de plus au compteur. Un nombre d’autant plus élevé que notre retour avait intégré un détour important vers le centre ouest du Canada. Au menu, visite d’un atelier de l’Illinois et de deux usines du Manitoba fabricant des produits se rapportant au monde du VR. Je ne vous en dis pas plus sur le sujet, la suite viendra dans Camping Caravaning au cours des prochains mois.

Comme je le fais à chacun de nos retours, je vous apporte aujourd’hui un bref résumé de ce beau voyage en me limitant à quelques données à consonances budgétaires et logistiques puisque dans des billets précédents, j’avais déjà traité de considérations plus touristiques. 

Je suis très conscient que les nombres qui suivent ne s’appliquent pas de façon universelle ou absolue à tous ceux qui voyagent vers le sud pour échapper à l’hiver québécois. En fait, ils témoignent d’une réalité qui nous est propre et qui reflète notre façon de voyager. Je vous les livre donc à titre d’exemple, car je sais qu’ils pourront éclairer plusieurs d’entre vous, curieux de savoir de ce que peut coûter un séjour en véhicule récréatif de plusieurs mois à l’étranger.

Vous souvenez qu’au départ, notre hypothèse stipulait qu’il était possible d’effectuer un tel périple, en mode improvisation et sans avoir effectué de réservations d’emplacements de camping. Comme je l’avais souligné à l’automne, notre intention était de faire la preuve qu’il était possible de composer et de s’adapter aux nombreux imprévus découlant de ce voyage.

Aujourd’hui, pour moi, la démonstration est probante, il est possible de passer un bel hiver en Floride — ou ailleurs — sans avoir tout prévu et sans connaître où nous passerions la nuit chaque soir. Certes, voyager sans réservations impose une certaine souplesse en matière d’adaptation, mais, pourvu que l’on ne soit pas sujet à l’insécurité, cette attitude augmente le plaisir découlant du profond sentiment de liberté qui en résulte.

Je commence donc en parlant de camping d’autant plus que plusieurs commentaires reçus l’automne dernier évoquaient le caractère téméraire de notre périple. Qu’allait arriver de nous alors que, vu du Québec, tous les terrains donnaient l’impression de déborder de caravaniers souhaitant y trouver un emplacement ? Nenni, à l’exception de deux ou trois fois où nous nous sommes retrouvés devant des établissements sans disponibilité, tout s’est bien passé.

Il nous fut même possible d’obtenir un emplacement pour deux mois consécutifs le jour même où nous nous sommes présentés à un camping au sud de Miami, à l’entrée des Keys. Pourtant, nous étions le 29 décembre, en pleine haute saison touristique. À eux seuls, ces deux mois représentèrent plus de 45 % de notre dépense totale pour des campings (1 860 USD sur un total de 4 031 $).

Hormis le séjour de 60 jours dans cet établissement, 30 autres nuitées se passèrent dans des parcs de comtés ou des parcs d’état, 45 dans des campings honorant la carte Passport America et 34 en mode camping autonome, majoritairement dans le stationnement de restaurants affichant la bannière Cracker Barrel. Au poste budgétaire de l’hébergement, la moyenne quotidienne de notre hiver a représenté la modique somme de 23,85 USD. À eux seuls, les campings PA ont représenté une dépense de 1 408 $ qui, sans le rabais consenti de 50 % sur le tarif quotidien, aurait fait grimper la facture totale associée au camping à 5 439 $.

Certes, pour profiter de l’aubaine que représente Passport America, nous avons été contraints à de nombreux déplacements, la plupart d’entre eux, à cause de la haute saison, limitant le rabais à 2 ou trois jours de séjour tout au plus. Deux exceptions toutefois en décembre où certains campings de la chaîne Sun Communities autorisaient un maximum de 6 jours consécutifs. Ces nombreux déplacements démontrent bien la souplesse requise à laquelle je faisais allusion au début de ce billet.

Un autre élément qui a contribué à contenir les coûts dans une fourchette abordable fut le fait de voyager dans un VR de classe B, permettant, en limitant la vitesse de croisière à 100 km/h, d’obtenir une consommation d’environ 12 l/100. D’ailleurs, à cet égard, j’ai une fois de plus été en mesure de constater l’impact important des conditions météorologiques, particulièrement le vent sur le niveau de consommation. 

Lors de notre retour, dans les États, s’échelonnant de la Georgie à la frontière du Dakota Nord, j’ai dû composer à de forts vents et rafales venant du nord-ouest sur environ 2 000 km. À chaque plein, l’ordinateur de bord me donnait une consommation oscillant entre 13,6 et 14,3 l/100. Par contre, en revenant du Manitoba, alors que j’avais choisi de passer par les États-Unis pour contourner les Grands Lacs par le sud, un vent portant de même intensité qu’à l’aller me permit d’obtenir 11,3 l/100 pendant deux jours et demi.

Évidemment, surtout à l’aller et au retour, fidèles à nos habitudes, nous ne sommes pas restreints dans le recours aux restaurants. Malgré tout, lorsque nous sommes revenus au Québec, j’ai pu constater que notre moyenne quotidienne de toutes les dépenses encourues a été de 75,60 USD, soit à peine 104 $ en dollars canadiens pour deux personnes. J’ai également des amis qui, pour une période similaire, ont réussi à s’en tenir à environ 68,50 USD de moyenne. Comme quoi, il est encore possible de voyager à bon prix.

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