La perfection est encore loin

11 juin 2023

Ces dernières années, la fulgurante popularité du caravaning et, d’une façon générale, du camping, a amené de nombreux chamboulements dans la pratique de ce loisir. D’une part, le prix des véhicules récréatifs s’est envolé presque aussi haut que la stratosphère ; plusieurs campings ont connu des achalandages records, au point d’en être incommodés ; les délais d’attente pour acquérir un véhicule récréatif neuf se sont multipliés à un point tel que, pour certains modèles précis, des commerçants hésitent à se prononcer sur une potentielle date de livraison, préférant évoquer des délais exprimés en années d’attente.

Voilà la réalité du caravaning dans laquelle nous sommes plongés. À ce rythme, plutôt que de rester une patte en l’air à attendre un VR qui ne se pointe pas, il pourrait devenir plus économique et efficace d’investir quatre ou cinq mille dollars pour le casque à réalité virtuelle que vient de lancer Apple et de se procurer un logiciel de voyage en VR. Chez lui, confortablement calé dans son fauteuil préféré, un caravanier pourrait en toute sécurité sillonner l’Amérique, et pourquoi pas le monde, de façon imaginaire. 

Débarrassé des voisins de campings fêtards et bruyants, libéré de la difficulté de trouver un emplacement de camping disponible en période de haute saison. Fini aussi les coûts d’acquisition prohibitifs d’un VR, le stress et la fatigue du voyage, la circulation à l’heure de pointe, les routes à nids de poule de dinde ou d’autruche et les caprices de la météo. Que des avantages, je vous le dis !

Je pourrais continuer pendant des pages avec mes élucubrations, mais je m’en abstiendrai. Tout à coup, qu’une telle idée séduirait trop de caravaniers et amorcerait le déclin inéluctable de l’industrie du tourisme et du VR. Non, personnellement, je préfère m’en tenir aux voyages réels, avec leurs découvertes, leurs plaisirs, mais aussi leurs contretemps et imprévus plutôt que de m’aventurer dans un monde virtuel où tout peut être programmé afin de parer à la moindre déception.

Revenons donc dans le vrai monde. Oui, le caravaning est en profonde mutation, tant dans la façon de le pratiquer que dans les règles de toutes sortes qui viennent le baliser. À qui la faute ? À chacun et à personne en particulier.

Commençons par nous-mêmes, les caravaniers. La mode actuelle, sans doute un contre-effet de la hausse des prix, crée chez de nombreux voyageurs, une obsession à dénicher des opportunités peu onéreuses, pour ne pas dire « gratis ». « C’est quoi que tu comprends pas dans le mot gratissse » comme le disait un humoriste caricaturant la politicienne Manon Massé dans des monologues de l’émission À la semaine prochaine, diffusée à la première chaîne de la Radio-Canada.

Jouer à qui sera le plus pingre conduit souvent à des écarts disgracieux qui, à la longue, ne profitent à personne et nuisent à la réputation de l’ensemble des caravaniers. Des personnes qui vidangent leurs eaux usées dans un fossé sur le bord d’une route peu achalandée est et sera toujours inacceptable. Des comportements déplacés, il y en a toujours eu et cela n’a jamais profité à la collectivité.

Les plus anciens du caravaning gardent en mémoire et s’ennuient encore d’un programme que la FQCC avait négocié avec des terrains ce camping. Pour une dizaine de dollars, les VR pouvaient profiter d’un stationnement sécuritaire sans aucun service, souvent à l’extérieur de l’entrée du camping comme telle. Ce programme n’aura duré que quelques années, sans plus, torpillé qu’il fut par des resquilleurs qui, une fois leur VR stationné, franchissaient la clôture du camping pour profiter indûment des équipements sanitaires, des aires de jeux et de la piscine. À cause de tels abus, ce programme a disparu et je doute qu’il revienne un jour.

Voilà qui devrait nous inciter à réfléchir sur notre façon d’être un caravanier respectueux, courtois et responsable. Loin de moi de jeter la pierre à l’ensemble de notre communauté, mais peu importe l’expérience que l’on a derrière le volant, et je m’inclus personnellement dans le groupe, réfléchir à la question ne peut pas nuire, mais, au contraire, nous faire découvrir comment devenir encore plus un meilleur citoyen caravanier.

Tout n’est pas blanc non plus du côté des campings, tant s’en faut. Un caravanier, avec qui je discutais mercredi dernier, me racontait qu’au printemps, alors qu’il magasinait pour trouver un emplacement de type saisonnier en Montérégie, il se présente à la guérite d’un terrain de camping et demande la permission de visiter le terrain pour s’en faire une meilleure idée. 

Très bien, lui répond la personne à l’accueil, mais vous devez d’abord débourser une dizaine de dollars par personne avant que je vous ouvre la barrière. « C’est la norme ici, tous les visiteurs doivent payer », obtint-il comme explication. 

Outré, le caravanier tourna les talons et continua son chemin vers un autre établissement plus hospitalier. Dommage pour ce camping, car le bonhomme dont je vous parle était un type d’une grande distinction qui aurait fort probablement contribué à rehausser la qualité des clients de ce camping.

Même si je peux comprendre le rationnel justifiant la norme de faire payer les visiteurs, celle-ci m’horripile au plus haut point. En comparaison, les individus et couples qui habitent une résidence pour personnes âgées peuvent, quand bon leur semble, recevoir des visiteurs, et ce, sans frais d’entrée.

Ailleurs, j’ai vu un camping interdisant aux saisonniers de faire fonctionner leur climatiseur ou même, malgré leur statut de saisonnier, de séjourner sur le terrain plus de la moitié des jours de la saison. Comme le dit l’adage, il faut de tout pour faire un monde.

Et vous, est-il des règlements, des restrictions qui vous dérangent ? 

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