La cité de l'Or

18 avril 2023

Que l’on arrive en Abitibi-Témiscamingue par la route 113, à partir du Lac-Saint-Jean, Chibougamau et Lebel-sur-Quévillon, ou par la route 117 qui traverse la Réserve faunique La Vérendrye et la région des Laurentides, on s’étonne de l’immensité de cette jeune région, de la densité de la forêt, du panorama champêtre du Témiscamingue puis de la présence, au-dessus des épinettes, de grandes tours aux formes particulières. Ce sont les chevalements des mines qui se dressent un peu partout dans le paysage et qui affirment catégoriquement la destinée minière de l’Abitibi.

Image Camping Caravaning L'accueil à la mine Lamaque

La mine Lamaque

Val-d’Or, la cité de l’or! Le nom le dit. Située sur la faille de Cadillac qui traverse l’Abitibi d’est en ouest, Val-d’Or est née et a prospéré autour d’une mine d’or appelé Lamaque, en opération de 1935 à 1985, et du petit village minier de Bourlamaque. Aujourd’hui, ce village forme un quartier résidentiel de Val-d’Or; une agglomération très spéciale puisqu’elle a été classée site historique par le gouvernement du Québec. Elle compte 80 bâtiments donc une soixantaine de maisons de bois rond qui ont gardé leur cachet original et qui confèrent à Bourlamaque un charme tout à fait unique.

Tout près, la mine Lamaque est devenue la Cité de l’Or en 1995. Il s’agit d’un centre d’interprétation extrêmement intéressant, tant pour les adultes que pour les enfants, qui nous amène à comprendre de façon réaliste et concrète le fonctionnement d’une mine d’or ainsi que la vie et le travail des mineurs.

La visite de la Cité

La visite de la Cité de l’Or débute par la tournée des installations et des édifices où des centaines de mineurs ont œuvré durant 50 ans. En leur absence, les lieux sont enveloppés de mystère. Un guide nous explique le quotidien de la mine en passant par les locaux où les mineurs recevaient leurs ordres pour la journée pour ensuite se retrouver dans la salle de déshabillage d’où ils devaient passer nus (afin de ne pas cacher d’or) jusqu’à la salle des pendus où leurs vêtements de travail étaient suspendus dans les airs au bout de chaines et de crochets. Les visiteurs d’aujourd’hui doivent également revêtir l’habit et le casque du mineur avec la fameuse lampe frontale avant de prendre le chemin de la mine elle-même. C’est un tracteur/convoyeur à bord duquel il faut monter avant d’accéder à la rampe d’accès de 17% d’inclinaison. Lamaque est une des rares mines où l’on peut pénétrer sous terre à l’aide d’une rampe ou, si vous préférez, d’une ouverture qui part de la surface et qui s’enfonce progressivement sous terre. On y trouve aussi le traditionnel ascenseur sous le chevalement et son treuil superbement rénové.

300 pieds sous terre

Quand le convoyeur entre dans le souterrain, il plonge le visiteur dans l’obscurité la plus totale. Une noirceur lourde que le jet de lumière du casque ne transforme qu’en grisaille puisque la roche est uniformément sombre. L’humidité vous saisit. La température de la mine demeure constante à 9°C. Tous les sons ont une résonance particulière. Nous sommes à 91 mètres sous terre. Ici, un guide expérimenté nous conduit dans le dédale des couloirs parsemés de chambres de forage où les travailleurs extrayaient le minerai. De l’équipement et de la machinerie ont été amenés sur place afin de mieux comprendre le contexte. Le guide explique avec force détail tout le fonctionnement de la mine et répond avec justesse aux questions concernant les conditions de travail des mineurs, leurs difficultés, les salaires, la ventilation, les maladies industrielles, les accidents ou les explosions. La salle à manger, véritable bunker où les mineurs pouvaient survivre en cas d’accident, a été fidèlement reconstituée. On a même aménagé un auditorium sous terre où l’on présente un court documentaire sur l’exploitation minière. Voilà une visite captivante à la conclusion de laquelle on peut toujours écrire nos commentaires sur une carte postale et la poster directement sous terre, dans une boite aux lettres installée au fond de la mine. Le sceau du timbre fait mention du fait que l’envoi a été effectué de sous la terre…

Image Camping Caravaning Le chevalement de la mine Lamaque

Val d’Or

Aux visiteurs, Val-d’Or offre un excellent choix de campings presqu’à l’ombre du chevalement. C’est le cas du camping Cité de l’Or qui se trouve entre les deux sites patrimoniaux de la mine et de son ancienne ville.

À quelques minutes de la ville, les 93 emplacements du camping Le nid de l’Aigle sont dispersées dans une cédrière calme et inspirante.

Sur les berges du la Lemoyne, le camping Kinawit baigne dans un cadre naturel  apaisant et propose de lever le voile sur l’histoire millénaire de la Première nation Anicinabe. On y trouve également d’agréables sentiers de randonnée.

À Val-d’Or même, le Centre d’amitié autochtone offre un hébergement de qualité à un prix qui défie toute concurrence. On peut aussi y établir un contact amical avec les autochtones de partout qui résident ou qui travaillent au centre. La boutique d’artisanat du Centre d’amitié recèle de vrais petits trésors. Les amateurs d’art peuvent aussi admirer les créations d’artistes de la région et d’ailleurs dans les salles du Pavillon du tourisme et du Centre d’exposition de Val-d’Or. Et, finalement, pourquoi ne pas conclure une visite de Val-d’Or en admirant l’immensité de son territoire à partir de la Tour Rotary, haute de 18 mètres, d’où l’on contemple une ville moderne posée au cœur d’une nature magnifique?

Image Camping Caravaning Une maison typique de Bourlamaque

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