Contrôler les effets de l'inflation

26 mars 2023

Ces derniers jours, un article publié dans le quotidien Le Devoir a causé un certain désarroi sur le forum de la FQCC. Cet article portait sur l’impact de la hausse des prix aux États-Unis, principalement en Floride, sur les « snowbirds ». Comme plusieurs, j’ai lu cet article et je dois dire qu’il ne m’a pas fait beaucoup sourciller.

Tout d’abord, dans l’article signé par Marco Fortier et publié, le 23 mars dans la section « Société » propose une vision très large du concept « snowbirds ». En fait, je dirais même que je ne me suis pas reconnu dans cette classification tellement les allusions citées ainsi que les commentaires recueillis appartenaient à un segment de la société dont je ne fais pas partie.

Immédiatement, en lisant le titre de cet article, « Les «snowbirds» peuvent échapper à l’hiver en Floride, mais pas au coût de la vie », j’ai senti que l’on n’allait pas aborder le sujet sous un angle qui ne concernait pas énormément les caravaniers. Les lignes qui suivirent confirmèrent mon impression.

Peu après que le lien vers cet article fut mis en ligne sur le forum, un membre rétorqua souhaiter, si la situation évoquée s’avérait vraie, lire des commentaires de « snowbirds » caravaniers. À ce membre, je réponds oui, Fortier aborde une situation bien réelle », mais qui ne s’adresse spécifiquement à nous.

Il est vrai que, comme tout citoyen vivant en Amérique du Nord, nous avons tous à composer avec une hausse des prix, que ce soit de la nourriture, du carburant, du logement. Cette contrainte s’applique à tous, que l’on passe l’hiver au Québec, en Floride ou ailleurs.

Là où j’ai vraiment senti que l’article de Fortier ne me concernait pas, c’est que, à la différence des « snowbirds » qui achètent un appartement ou en loue un, il m’est beaucoup plus facile de conserver le contrôle de mes dépenses et d’ajuster mon budget en conséquence. Voilà un élément parmi tant d’autres qui témoigne de la grande marge de manœuvre qui caractérise les voyages en véhicule récréatif.

À l’opposé, le « snowbird » traditionnel, celui dont parle l’article du Devoir, ne dispose pas d’une telle liberté. Il doit continuellement répondre aux caprices haussiers de l’économie sans autre possibilité d’alternative. L’appartement coûte tant, tu le loues ou un autre le fera.

À bord d’un VR, si un établissement de camping se montre trop gourmand, on peut dévier sa route d’à peine quelques dizaines de kilomètres et en trouver un autre plus abordable. Bien sûr, cela demande une certaine souplesse et une capacité d’adaptation, mais les caravaniers sont plutôt à l’aise dans ces ajustements.

Lorsque nous avons franchi la frontière le 1er novembre dernier, Michelle et moi avions pris le pari qu’il était possible de trouver des emplacements pour nous recevoir sans qu’il ait été nécessaire de réserver des mois à l’avance. En ce dimanche matin, nous en sommes dans notre 145e journée de notre périple et nous sommes très satisfaits de ce que nous avons vécu jusqu’à maintenant. 

Certes, il nous a fallu changer de camping plus souvent que les campeurs sédentaires. À l’occasion, en guise de dépannage, nous avons également utilisé des ressources de fortune, mais tous ces compromis n’ont fait qu’ajouter au plaisir de l’aventure.

Nous aussi avons dû composer avec la hausse des prix, mais nous n’étions pas limités dans les choix qui s’offraient à nous comme le sont les « snowbirds traditionnels ». Pour concrétiser un peu plus, sachez que notre moyenne quotidienne, basée sur nos frais de camping, le carburant consommé par notre VR, la nourriture et les restaurants (les quatre postes budgétaires principaux d’un voyage en VR), se situe tout juste sous le 73 dollars américain. Pourtant, jusqu’à maintenant nous avons parcouru plus de 10 000 km et notre remontée vers le Québec n’est même pas amorcée. Plus les jours s’accumulent, moins la moyenne quotidienne a tendance à bouger, que ce soit à la hausse ou à la baisse. 

Si nous étions demeurés au Québec plutôt que d’entreprendre ce voyage merveilleux, il est clair que notre moyenne quotidienne serait plus élevée. D’ailleurs, cette réalité, nous l’avons maintes fois vérifiée, notamment en comparant nos dépenses quotidiennes en période estivale. Un des facteurs qui joue beaucoup en faveur des voyages est qu’une fois sorti de notre milieu social habituel, on reprend un contrôle quasi total de notre agenda en matière d’activités sociales.

Alors, ne vous laissez pas toucher par l’article auquel je faisais allusion au début de ce billet et prenez la route pour un long périple, vous pourrez sans doute réduire vos dépenses si toutefois, cela est un de vos objectifs. 

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