Bogue de l’an 2000, version 2.0

31 décembre 2023

Cela se passait il y a 23 ans. Une panique mondiale, annoncée depuis plusieurs mois, promettait l’extinction de tous les ordinateurs fonctionnant sous Windows à la première seconde où le calendrier basculerait en l’an 2 000. Les avions en vol risqueraient alors de s’écraser, les radars des navires de croisière s’éteindraient, les banques perdraient l’inventaire de leurs comptes, les guichets automatiques refuseraient de cracher des dollars et les cartes de crédit seraient bloquées. Bref, à côté de cette catastrophe, la disparition des dinosaures revêtait quasiment l’apparence d’un simple fait divers dans l’histoire du monde.

Cette semaine, je n’ai pu m’empêcher de faire un lien entre ce blogue et le pétard mouillé du bogue de l’an 2000. Hier, en fin de journée, après avoir réussi à programmer ce billet pour que vous puissiez le lire ce matin, j’étais vraiment content. Le pire a donc été évité… du moins pour un temps indéterminé.

Par prudence, je vous conseille malgré tout de conserver l’adresse courriel, laquerre@me.com, que je vous avais suggérée en guise de plan B. Elle pourrait devenir précieuse dans l’éventualité où ce site passerait de blogue, à bloqué. Je me croise les doigts pour que cela n’arrive pas.

2023 ne passera pas à l’histoire comme une merveille, du moins dans le monde du caravaning. Aussi, pour vous aider à l’oublier, j’ai pensé y aller d’une nouvelle positive afin de débuter 2024 sur le bon pied.

Vous le savez, j’aime bien que les choses soient claires et reposent sur des faits vérifiables et vérifiés plutôt que des rumeurs et des ragots. Depuis longtemps, une incertitude tracassait les caravaniers mais aussi d’autres « snowbirds ». L’élément litigieux et ambigu se rapportait à la validité de l’immatriculation d’une voiture ou d’un VR en fonction de la durée des séjours hors Québec. Or voilà, juste avant Noël j’ai obtenu une confirmation énoncée par la SAAQ sur ce point précis.

J’avais souvenance d’avoir déjà lu dans un texte officiel que le certificat d’immatriculation d’un véhicule à moteur possédait une date d’expiration reliée à un séjour prolongé à l’extérieur du pays ou même du Québec. Après six mois hors Québec, il devenait périmé. Une fois de plus, une question demandant de clarifier ce point me fut adressée en décembre.

J’ai donc consulté et relu toute la réglementation touchant au Code de la route québécois, sans parvenir à y trouver une référence à une quelconque date de péremption. Il se peut que ma mémoire ait confondu ou amalgamé deux notions sur le sujet ou encore que la réglementation ait été modifiée comme cela se produit régulièrement ; bref, peu importe.

Après une communication avec la SAAQ, voici la réponse qui fut retournée. Pour ne pas en trahir le propos, je vous la livre telle que formulée par cette autorité :

Tant que vous payez le renouvellement pour votre véhicule chaque année, votre immatriculation reste valide. Par contre, vous devez vérifier avec les autorités de la Floride s’ils acceptent d’avoir un véhicule immatriculé au Québec pour une si longue période et sinon quelle est la démarche à suivre pour vous conformer à leurs réglementations. De notre côté, si ceux-ci vous mentionnent que vous devez immatriculer le véhicule dans leurs juridictions, vous devrez nous faire parvenir certains documents afin que nous puissions enlever le véhicule dans votre dossier. Voici l’information que vous pouvez retrouver sur notre site internet 

Voilà donc une réponse officielle et claire, dénudée de tout biais d’interprétation. Un élément qui, à mon avis, témoigne de sa fiabilité, apparaît à la deuxième phrase, celle où l’on conseille au propriétaire de s’enquérir auprès des autorités de la Floride d’éventuelles restrictions associées à la durée de séjour dans l’état qui pourraient entraîner une limite quelconque. 

Il est facile de reconnaître dans ce bémol la prudence traditionnelle des organisations gouvernementales qui refusent de se risquer à commenter une juridiction étrangère qu’ils ne maîtrisent pas, par crainte de créer le moindre imbroglio diplomatique.

Personnellement, je ne m’inquiète d’aucune façon d’une quelconque restriction de la part de la Floride, ni d’un autre état d’ailleurs. Voici trois raisons justifiant ma tranquillité d’esprit. La première est que la frontière des États-Unis est de juridiction fédérale. Les états n’ont donc aucune voix au chapitre à cet égard.

Vient ensuite le fait que les contrôleurs routiers et les patrouilleurs n’ont aucune possibilité de savoir depuis combien de temps le véhicule moteur qu’ils viennent de croiser ou d’intercepter utilise le réseau routier de leur état. Quant à la troisième raison, comment un représentant des services de l’ordre pourrait-il établir avec certitude que l’automobile séjourne en permanence en Floride sans jamais quitter l’état puisqu’il n’existe pas de frontières entre les états ?

Il faut aussi se rappeler qu’un citoyen venant de l’étranger ne peut normalement séjourner plus de six mois aux États-Unis dans une séquence de douze mois. Chez nous, sauf quelques exceptions, la RAMQ impose à ses nos compatriotes une présence au Québec de 183 jours par année pour conserver les privilèges rattachés au régime d’assurance-maladie étatique. Pendant le temps où une voiture est remisée en Floride, celle-ci est donc à l’abri d’un éventuel contrôle routier puisqu’elle ne circule pas sur la route.

La nouvelle d’aujourd’hui est donc rassurante pour les personnes désireuses de laisser une voiture en permanence en Floride ou ailleurs aux États-Unis pour la dispenser de migrations annuelles. Cependant, pour en profiter, il faudra se procurer une couverture d’assurance pour ce véhicule auprès d’un courtier états-unien puisque les compagnies d’assurances canadiennes limitent normalement le séjour maximal hors pays à six mois. 

Il sera sans doute facile à ces personnes d’utiliser l’adresse de leur appartement ou de présenter un bail témoignant de la location d’un emplacement sur le terrain de camping où elles ont l’habitude de se rendre. Dans les deux cas, un courtier d’assurance se fera plaisir d’aider à leur démarche. 

Allez, on se la souhaite bonne, celle que l’on nomme 2024 !

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