Un vieux proverbe africain affirme que « tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin. » En réalité, les circuits-caravanes organisés par Voyages FQCC, l’agence de voyages de la Fédération québécoise de camping et de caravaning (FQCC) offrent encore plus, car ils permettent, selon le serre-file Serge Lafortune, « de conjuguer efficacité, sécurité, convivialité et visites touristiques ».
Prévu entre le 23 septembre et le 8 octobre 2024, le circuit-caravane a « commencé » quelques semaines plus tôt par une rencontre virtuelle où l’on a expliqué aux participants les grandes modalités du voyage, ainsi que les obligations imposées aux caravaniers aux États-Unis. Ainsi, au pays de l’oncle Sam, il est obligatoire, sous peine d’amende, d’avoir dans son véhicule certains accessoires de sécurité tels une veste phosphorescente de même que trois triangles de sécurité à déposer sur la route en cas de panne.
À cela s’ajoute la nécessité d’avoir un appareil de communication communément appelé CB (pour citizens’ band) afin que les voyageurs puissent communiquer entre eux sur la route. Cet appareil unidirectionnel (une seule personne peut y parler à la fois) s’avère très utile, car il permet à l’un des occupants du véhicule en tête de caravane de transmettre des informations importantes à ceux qui suivent. En fait, les VR circulent par groupes de trois ou quatre véhicules seulement, afin d’éviter d’avoir une longue file de VR sur la route, ce qui nuirait à la circulation et la sécurité des autres automobilistes.
En cours de voyage, les départs ne se font pas au hasard du réveil des participants, mais résultent d’une sérieuse planification : les groupes (dont la composition diffère de jour en jour) partent à intervalles réguliers de dix à quinze minutes, de façon à ne pas tous arriver en même temps à destination. Ce sont les serre-files qui gèrent les départs. À l’arrivée au camping, les participants sont accueillis par les chefs de caravane qui leur communiquent leur numéro d’emplacement et les guident vers ce dernier.
Il arrive, en vertu des aléas de la circulation, que les véhicules ne forment plus un groupe compact. Aussi, pour éviter que des gens se perdent et parce que les GPS ne fonctionnent pas tous de la même manière, chaque équipage doit au préalable se doter d’un GPS de marque Garmin que le chef de caravane programme de A à Z. Ainsi, les participants n’ont qu’un seul trajet à suivre à chacune des étapes. Notons que ces GPS ont aussi en mémoire les trajets vers les nombreux attraits touristiques susceptibles d’intéresser les participants lorsqu’ils circulent de façon autonome dans leurs moments libres.
Parallèlement à ce travail de programmation des GPS, qui a lieu la veille du grand départ, le serre-file inspecte chacun des véhicules récréatifs pour y déceler toute anomalie susceptible de provoquer une panne. Sont ainsi vérifiés les batteries, le radiateur, le moteur, les conduites et courroies, les pneus, les amortisseurs, etc. Ce n’est pas tout ! Par la suite, avant chaque départ quotidien, il effectuera une rapide vérification des VR, particulièrement des pneus.
La formule circuit-caravane offre divers types d’activités de groupe, tels des rencontres de planification et des soupers pour faire connaissance.
Finalement, tout ce travail de programmation des GPS et d’inspection des véhicules consomme une journée et se termine… par un repas au restaurant où les participants ont l’occasion de faire connaissance. Devant la vivacité et le niveau sonore élevé de toutes ces discussions, le chef de caravane Régis Morin émet ce commentaire: « Wow ! C’est bien parti ! »
Boston, bien plus que les méchants Bruins
Le lendemain, c’est le grand départ vers le Woodstock KOA Holiday, un camping du New Hampshire situé à quelque 260 kilomètres de Bromont. Sur place, à l’exception d’une rencontre de planification avec les chefs de caravane et serre-files (il y en aura plusieurs au cours du voyage), aucune activité n’est au programme. Mais, comme à chaque camping-étape où nous séjournerons au cours du circuit, on remet aux participants une liste de suggestions d’activités et de visites susceptibles de les intéresser. Ce jour-là, le choix se portait entre un vignoble, un parc d’État, une randonnée pédestre ou une ascension en téléférique vers un sommet montagneux de plus de 1 220 m (4 000 pi) d’altitude.
Le lendemain, grosse journée avec une tournée à Boston. Là, on a l’occasion de gouter à la première activité de groupe. Dans l’autobus qui nous conduit à la ville, un sympathique guide américain livre en direct et en français de nombreuses informations sur Boston et ses habitants. Pour l’occasion, la visite se fait à pied, puis se poursuit dans un bon restaurant avant de continuer sur un bateau pour une croisière dans la baie de Boston. Remarque d’un participant qui a bien apprécié le transport par bus: « C’est formidable de ne pas avoir à conduire à Boston! En auto, c’est déjà très difficile; en VR, ce serait l’enfer. »
Ce voyage de 16 jours en Nouvelle-Angleterre a permis aux participants de visiter de nombreuses attractions touristiques et de passer d’agréables fins de journée dans des campings de la région.
Quant aux activités libres suggérées pour les deux autres journées dans la région de Boston, il y en avait toute une gamme : exploration de la Freedom Trail (marche de 4 kilomètres permettant de voir 16 sites historiques liés à l’histoire de la Révolution américaine), visite du célèbre Quincy Market et de ses 128 kiosques de nourriture, ainsi que de l’Old State House où, en juillet 1776, les Bostoniens ont entendu pour la première fois la déclaration d’indépendance de leur pays.
Hasard ou bénédiction des dieux, la visite de Boston a eu lieu par une magnifique journée ensoleillée et chaude… ce qui a également été le cas de l’ensemble du voyage, les journées de pluie ayant très souvent coïncidé avec les journées de voyage entre deux terrains de camping. De là, la petite blague qui courait parmi le groupe : « Elle est très forte, l’agence Voyages FQCC! »
Autre élément du succès de ce périple à Boston et en Nouvelle-Angleterre : en fin de journée, quelques participants ont souvent, grâce à leur guitare et leur entrain, transformé des moments autour du feu en de véritables soirées festives où même ceux qui n’ont pas l’habitude de chanter s’y sont mis avec joie…
Rétroactivement, on constate que les quelques jours passés à Boston ont servi d’apéritif et donné le ton à ce voyage, qui a conjugué avec bonheur activités touristiques le jour et happenings en fin de journée… Une vraie réussite!
Moi, dans un voyage de groupe?
Chez ce journaliste ayant découvert le « monde du VR » il y a seulement quelques années et ayant toujours voyagé en solo, la proposition d’accompagner un groupe pour un voyage en Nouvelle-Angleterre a d’abord suscité une petite appréhension. La vie en groupe ne serait-elle pas trop lourde à supporter? Mais, fan du capitaine Bonhomme qui claironnait très souvent « Les sceptiques seront confondus! », je me suis dit « pourquoi ne pas essayer? »
Eh bien, je dois avouer que ce voyage de 16 jours en Nouvelle-Angleterre à l’automne 2024 a constitué une véritable révélation tant la formule est intéressante, car elle permet de combiner harmonieusement activités de groupe et activités individuelles.
Son charme tient non seulement à la formule du voyage, mais au travail constant des quatre personnes chargées d’en assurer le bon déroulement. Affectés à la planification, les chefs de caravane Marilyne Côté et Régis Morin voyagent devant et guident le groupe. Les serre-files Louise Lefebvre et Serge Lafortune voient à la sécurité, notamment en circulant en fin de convoi afin de venir en aide à tout équipage qui aurait un problème mécanique.